Esclavage : le Ghana réfléchit à la "Prochaine étape"

Chefs d’Etats africains, ministres, organisations internationales, chercheurs, activistes et organisations se retrouvent pendant trois jours à Accra, la capitale du Ghana .
Intitulée "Prochaine étape", la conférence va durer jusqu’à vendredi et essayer de définir une feuille de route pour l’après-résolution et la guérison des crimes de l’esclavage .
C’est discrètement que la conférence a commencé, mercredi (17.06.26), avec un programme de négociations entre hauts-représentants des Etats, pour accepter une première version d’une déclaration commune.
Les présidents du Sénégal, du Liberia, de Namibie, de Gambie, de Guinée-Bissau et de la Commission de l’Union africaine sont attendus plus tard dans la capitale ghanéenne.
L’un des ambitieux objectifs est la convergence des stratégies de réparation, notamment avec la Caricom, l’organisation régionale des Caraïbes. Le président de sa commission sur les réparations, Sir Hilary Beckles, sera présent, a annoncé, lundi, le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Ablakwa.
Le chef de la diplomatie ghanéenne, Samuel Ablakwa, explique que "la conférence va chercher à institutionnaliser un forum consultatif transcontinental de haut niveau sur les réparations, pour assurer une continuité, la coordination et l’engagement durable entre les parties prenantes à travers l’Afrique, les Caraïbes, l’Amérique latine, l’Europe, l’Amérique du Nord et d’autres régions" .
La conférence prévoit d’établir une plateforme de réflexion internationale et plusieurs organes, l’un par exemple dédié à la restitution des œuvres d’art spoliées.
Quelques membres importants de la communauté des afrodescendants sont venus pour l’occasion, comme le directeur du Caucus des élus noirs du Congrès américain. Leur présence est nécessaire, d’après la docteure Ashley Milton, à la tête du State of the Africa Diaspora Report : "Vous ne pouvez pas avoir une conversation sur la justice de réparation, vous ne pouvez pas avoir une conférence Prochaine étape sans la diaspora historique, et, en particulier, la diaspora qui descend des Etats-Unis d’Amérique, car c'est là le leadership du monde libre, c’est la définition du capitalisme démocratique."
L’un des points clés pour la diaspora, aussi reconnu par la résolution onusienne, c’est le racisme structurel, hérité de la traite transatlantique des esclaves.
Pour la docteure Ashley Milton, "si nous devons comprendre la voracité du racisme, de nos voisins, des écoles jusqu’aux systèmes de santé, je ne pense pas qu’il y ait aucun autre groupe que la diaspora capable d’avoir les preuves, anecdotes et faits, pour nous aider à aller vers le système que nous devons développer aujourd’hui, un système qui ne soit pas intrinsèquement biaisé envers les personnes, sur la base de leur couleur de peau" .
Le président ghanéen, John Mahama, entend bien mobiliser l'attention globale, suscitée en mars dernier, pour finalement faire avancer les demandes de réparations de l’esclavage , sur la table depuis plus d’un siècle.