Antisémitisme : 2025, une année "meurtrière"

Sydney (Australie), Manchester (Royaume-Uni), Washington et Boulder (Etats-Unis) ... ces quatre villes ont en commun des décès enregistrés lors d'attentats antisémites ayant fait au total 20 morts et c'est ce que rappelle l'Anti-Defamation League (ADL) dans un rapport.
Sur l'ensemble de l'année, l'organisation basée à New York a recensé plus de 23.000 incidents antisémites dans sept pays à savoir : les Etats-Unis, le Canada, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Argentine et l'Australie.
Des pays où l'on retrouve les plus importantes communautés juives hors d' Israël , représentant plus de 90% de la diaspora.
C'est à Sydney, le 14 décembre, que l'attentat antisémite le plus meurtrier de l'année 2025 a été perpétré. Un père et son fils ont ouvert le feu sur une foule rassemblée sur la plage iconique de Bondi Beach pour célébrer la fête juive de Hanouka. Le bilan sera lourd : 15 morts.
Selon les autorités australiennes, l'attentat était inspiré par l'idéologie du groupe djihadiste Etat islamique (EI) , mais les deux assaillants n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste.
Deux mois avant cet attentat à Sydney, deux fidèles juifs avaient été tués au Royaume-Uni lors d'une attaque contre une synagogue de Manchester. C'était le 2 octobre 2025, le jour de la fête de Yom Kippour.
En mai et juin 2025 aux Etats-Unis cette fois, précisément à Washington et à Boulder, dans le Colorado, deux attentats antisémites ont fait trois morts.
Le rapport de l'ADL révèle que "dans tous les pays du J7, le nombre d'incidents antisémites reste largement supérieur aux niveaux d'avant le 7 octobre".
Selon Anti-Defamation League (ADL) " 2025 est l'année la plus meurtrière pour la violence antisémite à l'encontre de la diaspora juive" depuis l'attentat de 1994 à Buenos-Aires (85 morts).
Dans son rapport, l'organisation indique en effet qu'en 2025, "le nombre total d'incidents antisémites dans les pays du J7 a augmenté de 136 % et les incidents violents de 97 % par rapport à 2022, l'année précédant l'attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre ".
Pour l'ADL, les gouvernements doivent "cesser de réagir après que des Juifs ont été attaqués et commencer à agir en amont".
L'organisation estime par ailleurs que "l'antisémitisme n'est plus une flambée passagère" et plaide pour des financements accrus en matière de sécurité, "des lois plus strictes et des plateformes de réseaux sociaux qui appliquent leurs propres règles".
Dans son rapport, Anti-Defamation League met aussi l'accent sur l'antisionisme : l'opposition politique ou idéologique au sionisme, c'est-à-dire au mouvement de création et au maintien de l'État d'Israël en tant qu'État juif.
Il s'agirait selon l'ADL d'un "facteur déterminant dans une part significative des incidents : 48 % au Royaume-Uni, 45 % aux Etats-Unis et 23 % en Allemagne".
Outre les sept principaux pays étudiés (Etats-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne, Argentine et Australie), l'ADL épingle par ailleurs la situation en Irlande.
Dans ce dernier pays, la petite communauté juive d'environ 2.200 personnes a rapporté pas moins de 143 incidents sur une période de seulement six mois.