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Israël : la peine de mort relancée pour les Palestiniens

DW Afrique · Sandrine Blanchard · 1 avril 2026 · Source originale

En Israël , le Parlement a adopté une loi qui rend obligatoire la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d’attaques mortelles contre des Israéliens, principalement en Cisjordanie occupée. Le texte a été voté à 62 voix contre 48 à la Knesset. Mais des recours ont déjà été déposés à la Cour suprême. Et les réactions sont vives, en Israël comme à l’étranger.

La nouvelle loi impose désormais la pendaison, sans possibilité de grâce, avec une exécution devant survenir dans les 90 jours suivant la condamnation. Le gouvernement Netanyahu défend une mesure de dissuasion antiterroriste, à la suite des attaques du 7 octobre 2023 . Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, parle d’un « jour de justice » et d’un message clair aux ennemis d’Israël. Mais ce texte suscite une forte contestation. En Israël, des députés de l’opposition et des organisations de défense des droits humains ont déjà saisi la Cour suprême. Ils dénoncent une loi discriminatoire et contraire aux principes démocratiques. Des juristes israéliens soulignent qu’aucune démocratie n’impose une peine capitale automatique, sans marge d’appréciation pour les juges. Le patriarche latin de Jérusalem voit dans cette loi un "recul majeur" pour la démocratie et une dérive vers une logique de vengeance.

Dans le monde arabo-musulman, l’Université al‑Azhar du Caire condamne un texte qui « légalise le meurtre de Palestiniens ».  Elle accuse les autorités israéliennes de renforcer un "système d'Apartheid". L’Égypte parle d’une « escalade dangereuse ». En Europe, la Commission juge la loi « extrêmement préoccupante ».

L’Allemagne, la France et le Royaume‑Uni ont publié une déclaration commune exprimant leur profonde inquiétude. À Berlin, certains responsables gouvernementaux n’excluent pas que ce texte fragilise les relations entre les deux pays.

Le Conseil de l’Europe pourrait de son côté réexaminer le statut d’observateur d’Israël, qu’il détient depuis 1957.

Les États‑Unis adoptent un ton plus mesuré et rappellent le « droit souverain » d’Israël de définir ses propres lois, même si des organisations comme Amnesty International dénoncent une mesure « cruelle et discriminatoire ».

Une bataille juridique s’ouvre désormais en Israël : la nouvelle loi pourrait être suspendue ou annulée si la Cour suprême la juge contraire aux principes fondamentaux du droit israélien.