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Rencontre avec Dial Diop, ex-toxicomane sénégalais

DW Afrique · 10 août 2026 · Source originale

Comme tous les jours, Dial Diop sert le café à ses clients dans son quartier de Liberté 4, à Dakar au Sénégal , avant de rejoindre son salon de coiffure.

Il y a environ cinq ans, il dormait dans ces mêmes rues, sous l’emprise de l’alcool et du chanvre .

"De 1998 à 2021, j'ai été sous l’emprise de l’alcool et de la drogue. J’étais devenu très accro à l’alcool et au cannabis. C’est en 2021 que j’ai tout arrêté" , explique-t-il à la DW.

A l'époque, l'emprise de la drogue a eu des conséquences dramatiques sur la vie de Dial Diop, qui a tout perdu, épouse, enfants et parents. Mais un jour, il décide, de son propre chef, de tout arrêter.

Ce n'est que lorsqu'il réussit à arrêter la drogue que Dial Diop retrouve sa femme, ses enfants et ses parents. Aujourd'hui, il est entrepreneur avec de multiples casquettes et peut prendre soin de sa famille.

Dial Diop fait partie des rares personnes dépendantes qui ont réussi à se tirer d'affaire sans assistance. Mais pour la plupart, il faut passer par une structure spécialisée comme le Centre de prise en charge intégré des addictions de Dakar (Cepiad). Ici, le Dr Idrissa Ba et ses équipes accueillent et accompagnent les patients.

Depuis quelques temps, le médecin constate une hausse du nombre de patients : entre 10 et 12 par jour. Le chef de service du Cepiad en appelle à l’implication de tous.

"Il faut que les parents acceptent de discuter avec leurs enfants. Il faut aussi que l’école s’ouvre, parce que c’est là où les jeunes passent le plus de temps. Il faut que les enseignants se documentent et se renforcent sur la question de l’addiction. Il faut que cette notion d’addiction puisse entrer dans les curricula des élèves." Si Dial Diop a réussi à ne plus consommer de la drogue, c'est grâce à une forte conviction. Il conseille aux toxicomanes actuels de faire les bons choix.

"Si vous voulez arrêter, vous devez revoir vos fréquentations, arrêter de fréquenter ceux qui y sont encore. Tant que tu fréquentes des toxicomanes, tu resteras toxicomane. Tournes la page de tes anciens amis si tu veux te rétablir."

Le Sénégal est devenu un carrefour de toutes les substances. En plus de celles déjà connues, on note l’émergence de nouvelles drogues de synthèse comme le kush, un mélange de produits inconnus qui mettent davantage la vie des consommateurs en danger. Selon le rapport annuel 2025 de la Police nationale sénégalaise, présenté en mars 2026, près de 10 000 personnes ont été poursuivies pour des infractions liées aux stupéfiants, sur un total de 20 308 personnes déférées devant les parquets.