CongoNews

L'appel pour que Paris se positionne sur la situation des droits de l'homme au Tchad

DW Afrique · Abdoulaye Sadio Diallo · 14 octobre 2026 · Source originale

Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby , a été reçu mardi 13 octobre à l'Elysée par le président français Emmanuel Macron.

Au cœur des échanges entre les deux chefs d'Etats : la coopération économique et le développement des investissements français au Tchad . La question de la reprise de la coopération militaire entre les deux pays était également sur la table.

Peu avant cette rencontre, nous avons interrogé Emmanuel Deuhb, un journaliste et défenseur des droits humains tchadien, qui, dans une lettre ouverte, a interpellé le président français.  Pour lui, la France et Emmanuel Macron doivent prendre clairement position contre la violation des droits de l'Homme au Tchad.

Emmanuel Deuhb : Ça sera certainement la dernière rencontre entre les deux hommes, parce que Macron est déjà à la fin de son mandat. Aussi parce qu'après la mort d' Idriss Déby , Macron s'est déplacé personnellement au Tchad, où il a clairement parlé de la relation qu'il y a entre nos deux pays. Il avait même fait une sortie en disant qu'il ne soutient pas une succession dynastique . Mais au fil du temps, c'est ce qui s'est passé. Avant que Macron ne parte, j'aurais aimé qu'il lui dise certaines choses par rapport à la situation de défense des droits de l'homme au Tchad.

DW : Dans votre lettre, vous évoquez également un recul des droits humains au Tchad. Quelle est, selon vous, le fait le plus préoccupant, aujourd'hui, dans votre pays ?

Emmanuel Deuhb : Au Tchad aujourd'hui, ce qui est préoccupant, c'est qu'il n'y a même pas de opposition . La presse libre n'existe pas, les journalistes sont arrêtés, il y a même plus des organisations de droits de l'homme au Tchad. Et ça, ce sont des indicateurs de la démocratie.

Le fait le plus marquant c'est le 20 octobre 2022, des manifestants qui s'opposaient à la prolongation de la transition ont été réprimées dans le sang et plusieurs personnes ont été tuées. Ce cas reste quand même l' un des faits les plus alarmant de la prise de pouvoir de Mahamat Idriss Deby Itno du Tchad.

La France aussi doit condamner publiquement certaines exactions de droits de l'homme au Tchad. Et c'est ça ce que moi je demande. Dans ma lettre, j'ai parlé de la déchéance de nationalité, du blogueur Makaila (Nguebla, NDLR) et du journaliste  Charfadine (Galmaye, NDLR) et autres. Ça, c'est des choses sur lesquelles la France doit intervenir.

Ce n'est pas que je suppose. Pour moi, c'est clair, parce que Emmanuel Macron est venu donner la bénédiction pour que Mahamat Idriss Deby soit président du Tchad. Il faut assumer. S'il y a des choses qui ne marchent pas, il faut le lui dire. Rien ne va au Tchad !

DW : Croyez vous que la France peut encore poser des actions aujourd'hui en faveur des droits de des droits de l'homme au Tchad ou qu'il est trop tard ?

Emmanuel Deuhb : Rien n'est trop tard. Elle peut encore intervenir pour que le respect des droits de l'homme s'imposent au Tchad.

L'appel pour que Paris se positionne sur la situation des droits de l'homme au Tchad — CongoNews