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Le FRN créé par Joseph Kabila divise l’opinion à Kolwezi, en RDC

DW Afrique · La rédaction francophone de la DW · 14 octobre 2026 · Source originale

Ancien président de la RDC de 2001 à 2019, Joseph Kabila a annoncé, le 12 octobre 2026, la création du Front pour la refondation de la nation, le FRN . Il en prend la tête aux côtés de Corneille Nangaa de l’Alliance Fleuve Congo et de Bertrand Bisimwa du M23. Tous deux ont été annoncés comme vice-présidents après la dissolution de leurs mouvements rebelles au profit de cette nouvelle structure.

Au Katanga , où Joseph Kabila est une figure politique majeure pour une partie de la population, cette évolution prend une dimension particulière. Son père, Laurent-Désiré Kabila, avait conduit la rébellion de l’AFDL jusqu’à la prise de Kinshasa, en 1997, mettant fin au régime de Mobutu Sese Seko. Joseph Kabila lui avait succédé à la présidence après son assassinat, en 2001.

Pour Arlette Kalend, habitante de Kolwezi, les conditions de vie étaient meilleures sous la présidence de Joseph Kabila .

"Pour un vrai Katangais, nous sommes d’accord. Nous avons vécu avec lui, ce n’était pas la misère comme aujourd’hui. C’est fort probable qu’il bénéficie d’une bonne perception de notre côté. Nous sommes d’accord avec lui."

D’autres estiment que les habitants du Katanga ne devraient pas soutenir l’ancien président, en raison de son choix de prendre les armes pour revenir au pouvoir. C’est notamment la position d’Augustin Shambuyi, porte-parole de l’UDPS, le parti présidentiel, dans la province du Lualaba.

"Les Katangais ont de la mémoire. Ils connaissent bien les conséquences de la guerre. Nous ne voyons pas un Katangais valeureux soutenir cette démarche, parce qu’aujourd’hui, Kabila s’associe aux rebelles de l’AFC et du M23, soutenus par le Rwanda."

Lambert Menda, coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise au Lualaba, rappelle que la Constitution congolaise prévoit le devoir de faire échec à toute prise de pouvoir par la force.

"Si je dois évoquer l’article 64, tout Congolais a le devoir de faire échec à un individu ou à un groupe d’individus qui veut prendre le pouvoir par la force. Or, c’est le cas de ces gens-là. Sultani Makenga est chargé de l’armée, alors que ces gens sont des génocidaires."

De son côté, Timo Roujean, représentant-pays de la Fondation Konrad Adenauer, insiste sur les limites de la popularité de l’ancien président.

"Si nous faisons le bilan, Joseph Kabila ne jouit pas d’une très grande popularité ni d’un bilan économique particulièrement positif dans l’espace du Grand Katanga. C’est pourquoi sa personnalité ne me semble pas en mesure de véritablement mettre les choses en mouvement dans cette région."

Dans la province du Lualaba, les réactions recueillies témoignent donc de perceptions divergentes à l’égard de Joseph Kabila . Son passé au pouvoir continue de peser dans les opinions, mais l’annonce de ce nouveau mouvement politico-militaire ne suscite pas une adhésion unanime.

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