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COP17 Biodiversité : 200 milliards USD par an en jeu pour financer la protection de la nature d’ici 2030

Zoom Eco · Kiala Curnis · 20 octobre 2026 · Source originale

Près de 200 pays sont réunis à Erevan, en Arménie, pour négocier jusqu’au 30 octobre l’accélération de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Au cœur des discussions de la COP17 figurent la protection des écosystèmes, la mobilisation des financements et la réforme des subventions qui nuisent à la nature. Adopté en décembre 2022, ce cadre mondial fixe 23 objectifs à atteindre d’ici 2030 afin d’enrayer et d’inverser la perte de biodiversité. Parmi les principales ambitions figure la conservation de 30 % des terres et des mers de la planète, un objectif qui nécessite des politiques publiques renforcées et des ressources financières à la hauteur des engagements pris. Le financement constitue l’un des principaux points de tension entre les pays développés et les pays en développement. Les discussions portent notamment sur la mobilisation de 200 milliards de dollars par an en faveur de la biodiversité, dont 30 milliards de dollars de financements internationaux destinés aux pays en développement. Les négociations concernent également la réforme, d’ici 2030, d’au moins 500 milliards de dollars par an de subventions jugées néfastes pour la biodiversité. L’enjeu est de réorienter les ressources publiques et privées vers des activités compatibles avec la préservation des écosystèmes. Des tensions persistantes sur le financement Au-delà des objectifs environnementaux, les discussions mettent en évidence les divergences entre le Nord et le Sud sur le partage de l’effort financier. Les pays en développement réclament des moyens prévisibles et accessibles pour mettre en œuvre leurs engagements, tandis que la question de la contribution des différentes sources de financement demeure centrale. L’ampleur des flux financiers défavorables à la nature souligne l’urgence du défi. Selon les chiffres évoqués par le Secrétaire Général des Nations-Unies, António Guterres, quelque 7.300 milliards de dollars ont financé des activités nuisibles à la nature en 2023, alors que les investissements consacrés à sa protection restent insuffisants. À Erevan, l’enjeu est donc de transformer les engagements internationaux en mesures concrètes, assorties de financements et de mécanismes de suivi. La réussite de la COP17 dépendra notamment de la capacité des États à accélérer l’application du cadre de Kunming-Montréal et à réduire l’écart entre les ressources qui dégradent la biodiversité et celles mobilisées pour la préserver. Notons que les progrès restent toutefois insuffisants à mi-parcours de l’échéance de 2030. Selon les Nations Unies, moins de la moitié des objectifs nationaux évalués sont jugés suffisamment ambitieux, tandis que les financements disponibles demeurent en deçà des besoins. La COP17 doit ainsi permettre aux États d’évaluer les résultats obtenus depuis 2022 et de définir les mesures nécessaires pour accélérer la mise en œuvre de leurs engagements. Pour António Guterres, le rendez-vous d’Erevan doit marquer un tournant entre les promesses et l’action. La préservation de la biodiversité ne relève pas uniquement d’un impératif environnemental ,elle conditionne également la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et la résilience des économies. AGNES KAYEMBE

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