RDC : Félix Tshisekedi ordonne un audit des systèmes informatiques de l’État pour renforcer la cybersécurité

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a ordonné, lors du Conseil des Ministres du 23 octobre 2026, un audit des infrastructures numériques publiques afin d’identifier les failles de sécurité et de protéger les données sensibles de l’État. Selon le compte-rendu de cette réunion, les alertes internationales sur les cybermenaces font notamment craindre des actes d’espionnage, des sabotages d’infrastructures stratégiques et des interruptions de services publics. Le Ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, coordonnera cet audit avec son collègue de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, et les structures spécialisées. L’exercice devra permettre d’identifier les vulnérabilités critiques et de proposer des mesures urgentes de protection. Les ministères de l’Intérieur et de la Défense nationale ont été chargés de renforcer la surveillance de leurs systèmes informatiques sensibles, avec l’appui des services de sécurité et de renseignement. Sur le plan financier, le ministère des Finances et la Banque Centrale du Congo (BCC) devront sécuriser les plateformes de gestion des finances publiques, les systèmes de paiement et les infrastructures informatiques critiques du secteur. Le Chef de l’État congolais a également demandé l’instauration de mécanismes permanents d’alerte précoce, de réponse coordonnée aux cyberincidents et de sensibilisation des agents publics. Cette initiative intervient dans un pays où la modernisation numérique des administrations reste limitée. Dans son enquête de 2024 sur l’administration électronique, l’Organisation des Nations Unies (ONU) classait la RDC au 179e rang sur 193 pays, avec un indice de 0,2715 sur 1. Cet indicateur évalue le développement de l’administration numérique. À l’échelle africaine, le rapport African Cyberthreat Assessment Report 2026, publié le 3 août par Interpol, indique que l’intelligence artificielle facilite 55 % des cyberinfractions signalées, selon une enquête couvrant 36 pays. Les pertes financières recensées liées à la cybercriminalité ont plus que doublé depuis 2024, passant de 192 à 484 millions USD. Les fraudes aux virements bancaires et les escroqueries numériques figurent parmi les principales menaces identifiées. En RDC, la cybersécurité constitue également l’un des quatre piliers du Plan national du numérique 2026-2030, aux côtés des infrastructures, des services publics numériques et du capital humain. Pour soutenir cette transformation, le Gouvernement a annoncé la mobilisation de 1 milliard USD de ressources publiques entre 2026 et 2030, auxquels s’ajoutent plus de 500 millions USD d’appuis extérieurs prévus pour la période 2025-2029. Flory MUSISWA
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