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RDC : la ZES de Banana reçoit l’avis favorable des experts, plus de 100 millions USD pour 50.000 emplois annoncés

Zoom Eco · Kiala Curnis · 26 octobre 2026 · Source originale

Le projet de zone économique spéciale (ZES) de Banana, porté par ARISE IIP dans le territoire de Muanda, au Kongo Central, franchit une étape décisive. À l’issue de la huitième session de la Commission d’octroi du statut des ZES, tenue du 21 au 23 octobre 2026, le projet a obtenu un avis favorable de principe. Avec un investissement annoncé de 104 millions de dollars et un potentiel de 50.000 emplois directs et indirects, cette initiative ambitionne de faire de la province un nouveau pôle industriel et logistique de la République démocratique du Congo. Le développement industriel du Kongo Central pourrait connaître une nouvelle accélération avec l’avancement du projet de zone économique spéciale de Banana. Après trois jours d’examen, la Commission d’octroi du statut des zones économiques spéciales a émis un avis favorable à la requête introduite par ARISE IIP pour l’aménagement de cette infrastructure industrielle dans la zone de Banana, à Muanda. Cette décision constitue une avancée importante pour un projet qui prévoit de mobiliser 104 millions de dollars d’investissements sur une superficie d’environ 984 hectares, selon les déclarations du directeur général de l’Agence des zones économiques spéciales (AZES), Auguy Bolanda. Au-delà des montants annoncés, l’enjeu est de créer un environnement favorable à l’implantation d’entreprises, à la transformation locale des ressources et au développement d’activités économiques capables de générer des emplois durables. Un investissement structurant pour l’économie du Kongo Central La future ZES de Banana ambitionne de réunir des entreprises opérant dans plusieurs secteurs, notamment la logistique, l’agro-industrie et les matériaux de construction. Cette diversification devrait favoriser l’émergence d’un tissu industriel local, tout en stimulant la demande de services, de transport, de stockage et de main-d’œuvre qualifiée. Selon les projections de l’aménageur, le projet pourrait générer environ 50.000 emplois directs et indirects. La réalisation de cet objectif dépendra toutefois du rythme d’installation des entreprises, du niveau effectif des investissements et de la montée en puissance des activités industrielles. Pour l’économie provinciale, les retombées potentielles dépassent la seule création d’emplois. L’implantation de nouvelles unités de production pourrait contribuer à élargir la base économique du Kongo Central, à renforcer les chaînes d’approvisionnement locales et à créer de nouvelles opportunités pour les petites et moyennes entreprises. Le projet prévoit également la mise en place de centres de formation, avec l’ambition de développer les compétences nécessaires au fonctionnement des entreprises implantées dans la zone. Banana, pari de la complémentarité L’un des principaux atouts du projet réside dans sa proximité avec le port en eaux profondes de Banana, actuellement en construction. Pour les autorités congolaises, la création d’une zone industrielle à proximité de cette infrastructure portuaire répond à un impératif économique : faire en sorte que les investissements dans les transports et la logistique s’accompagnent d’activités productives. « Le port en lui-même ne représente rien s’il n’y a pas d’activités économiques aux alentours », a souligné Auguy Bolanda. Cette approche repose sur la complémentarité entre les infrastructures de transport, les capacités logistiques et l’implantation d’entreprises industrielles. En théorie, une telle articulation pourrait faciliter l’acheminement des matières premières, réduire certaines contraintes logistiques et améliorer les conditions d’accès des entreprises aux marchés. La ZES de Banana est ainsi appelée à jouer un rôle dans la structuration d’un corridor économique reliant les infrastructures portuaires aux bassins de production et aux pôles industriels du pays. Elle s’inscrit également dans la vision des autorités congolaises visant à accompagner le corridor reliant Inga à Kolwezi par le développement de zones économiques spéciales. Un avis favorable, mais des conditions restent à remplir Malgré cette avancée administrative, le projet n’a pas encore franchi toutes les étapes nécessaires à sa concrétisation. L’avis favorable rendu par la Commission doit permettre à l’AZES de poursuivre les discussions avec ARISE IIP afin de régler les points encore en suspens avant la signature du contrat d’aménagement. Les travaux préparatoires portent notamment sur la consolidation des études de faisabilité, la mise en conformité des statuts et la formalisation des engagements financiers. Ces exigences doivent contribuer à sécuriser le montage du projet et à préciser les obligations respectives de l’aménageur et des autorités publiques. Après la signature du contrat, celui-ci devra être transmis au Gouvernement, par l’intermédiaire des ministères des Finances et de l’Industrie, pour l’entérinement des délibérations de la Commission. L’objectif annoncé est de lancer les travaux en janvier 2027, conformément au calendrier prévisionnel présenté par l’aménageur. Cette échéance demeure néanmoins conditionnée à l’achèvement des formalités administratives, juridiques et financières. La prochaine étape sera donc déterminante : au-delà de l’approbation de principe, la concrétisation du projet dépendra de la capacité des différentes parties à finaliser les engagements nécessaires à son exécution. ARISE IIP mise sur son expérience en RDC Pour ARISE IIP, le projet de Banana s’inscrit dans la continuité de son expérience en République démocratique du Congo, où le groupe a déjà participé à la mise en place de la zone économique spéciale de Kin-Malebo, à Nsele, dans la périphérie de Kinshasa. Avec Banana, l’aménageur entend contribuer à l’émergence d’un deuxième pôle industriel, cette fois dans une province disposant d’un positionnement stratégique pour les échanges commerciaux et les activités logistiques. L’enjeu sera notamment de transformer les investissements annoncés en capacités industrielles opérationnelles, en attirant des entreprises capables de produire localement, de créer des emplois et de générer des activités connexes. Le succès du projet dépendra aussi de la compétitivité de la zone, de la disponibilité des infrastructures, de la qualité des services proposés aux investisseurs et de la prévisibilité du cadre réglementaire. Autrement dit, l’obtention du statut de ZES constitue une étape importante, mais l’attractivité économique de Banana se mesurera surtout à sa capacité à attirer des capitaux privés et à favoriser l’installation effective des entreprises. Les ZES au cœur de la stratégie de diversification économique Le projet de Banana intervient alors que d’autres zones économiques spéciales sont en préparation dans plusieurs provinces du pays. À travers ces initiatives, le Gouvernement entend utiliser les ZES comme des instruments de diversification économique, de développement industriel et de création d’emplois. Pour l’AZES, l’objectif est de favoriser l’émergence de nouveaux pôles de croissance capables de stimuler les investissements, de renforcer les activités productives et de contribuer à la transformation structurelle de l’économie congolaise. Dans cette perspective, la ZES de Banana présente un intérêt particulier en raison de son articulation envisagée avec le futur port en eaux profondes. La combinaison de capacités portuaires, d’infrastructures industrielles et d’activités logistiques pourrait contribuer à renforcer la place du Kongo Central dans l’économie nationale. Toutefois, l’impact réel du projet devra être apprécié à l’aune des investissements effectivement mobilisés, du nombre d’entreprises installées, des emplois créés et de la valeur ajoutée générée localement. Avec 104 millions de dollars d’investissements annoncés et un potentiel de 50.000 emplois directs et indirects, la ZES de Banana porte ainsi des ambitions économiques importantes pour le Kongo Central. L’avis favorable de la Commission ouvre la voie à la finalisation du processus administratif. Le prochain défi sera de convertir cette avancée institutionnelle en investissements effectifs, en activités industrielles et en retombées économiques durables pour la province et l’ensemble de la RDC. Olivier KAFORO

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